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Receuil de mots en vivance

Aux pieds des montagnes, il s’est assis

Pieds déposés, cape sur le dos

L’air frais allumait sa peau

 

Debout sur la cime des monts, 

Ne sachant mettre qu'un pas devant l’autre

L’enfant a marché, confiant

 

Et le vent se lève, et il prend la route 

De sentiers en valons 

Son chemin se jalonne de pas, de vents et de sourires

 

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La Terre a glissé

Je mange la terre

Assoiffé de Vérité

 

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Le bourdonnement ne cesse

Tout autour et alentour

Le vacarme assourdit

 

Tranquille est la tempête

Qui s’écrase sans heurt

Contre les parois de mon (coeur) corps

 

Force vive en eau tranquille

Je garde le cap du Pacifique

Et ne capte que les chants du goéland

 

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Opportun. Sur le quai d’une gare, je laisse mon 

imagination embarquer dans chaque train. 

Voyage au Maroc, à Mulhouse ou Limoge, 

toute destination est la bonne. 

Et le soleil, la pluie, les nuages et les bourrasques, 

tout est attendu avec délice. 

 

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J’irai sur la jetée

Au bruit des vagues, je sentirai

L’appel de l’océan

(C’est le vent qui ramène au rivage un peu de l’océan - mamie des Oiseaux)

 

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Le bus est sur le départ. Les esprits s’engaillardisent, les rires fusent. L’agitation de l’installation se tasse, la traversée sera longue, il faut se préserver. L’enfant sourit ; radieuse vision. Il sourit à l’assemblée comme un roi tiendrait un discours à son peuple. Pas une fausse note sur son visage, le reflet-même de l’enfance, de la beauté juvénile. Il en faut peu pour émouvoir les foules, pour engager l’Homme. Il nous faudrait plus de sourires d’enfants. 

 

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Joli renard, j’aime ton museau

Tu joues dans la forêt de pins

Je t’observe de loin

Gentil renard, beauté des bois

Claque ton pas, croque la musaraigne

Singulière rencontre, festin animal

Je note le ton, j’allume un feu

Et tu viens près de moi

Famille de sang, fabuleux Solhel, farandole et doléance

 

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Il semble que tes yeux parlent de bleu

Voient l’étoile brillante de ton astre

Goûtent l’onctueux voile du firmament

S’émeuvent sur la voie du langage

Tes yeux me parlent

Saurai-je les regarder ? 

 

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Tu ouvres les yeux

Matin frais, café biscotte

Tu avances sur les années et découvres avec joie la vie qui se donne

Mécanicien des coeurs, saltimbanque

Mécanique du firmament, déraison

Je t’invite en mon coeur

Et me blottis dans le tien

 

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Inviter le passé à notre table, 

Et fêter les réjouissances après une longue période de distance

Les souvenirs deviennent présents 

Et le présent se construit ensemble sur le chemin 

 

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Je souris. Rien à faire. Sourire. 

Aux lèvres. Au coeur. Simple. Frais. 

 

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Quatre yeux qui se posent sur le papier 

Une respiration pour les animer 

En synchronie 

Quand la vie s’écoule 

L’âme tout en lenteur suit le rythme du cours d’eau

Chant du coeur

Respiration de la Terre

Il avance presque immobile

Source qui jaillit

Savent-ils où ils vont ? 

 

Respirations

Lentes et soutenues

Corps qui se crispe

Raclement de la vieillesse accueillant la fin d’un cycle

Je touche à l’humanité paisible de ce regard et de sa respiration

Dans la lenteur des pas à pas d’une vie. 

 

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Et si… j’ouvre cette page, je m’y connecte, 

Je pleure la mort, je ris à la vie, 

Je vole les instants, j’oublie un inspire, 

Allure folle qui m’emporte, j’allume et les corps et les coeurs. 

Je vous célèbre, Ô âmes vivantes, 

Lumières en ôde, aube de joie ou désespoir

Allumez ma flamme, mordu pour mordu


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Marcel, Joseph, César, 

Fils de François et François pour fils

Ma filiation masculine

Mon papi, mon papa, mon frère, 

Je me connecte à tes prénoms, qui te disent toi, qui ne sont pas toi, que tu as portés et qui t’ont accompagné. 

 

Journée ensoleillée, je me remémore

Et ton souffle, et ton regard, 

Tu imprègnes et resplendis

Amour printanier, les mains dans la terre, tes mains qui cherchent à oeuvrer, à démonter, à comprendre, à créer et explorer. 

 

J’allume les feux des étoiles et t’y retrouve dans la nuée

Grimpe, flamme légère

Le bois résineux chante et danse encore

Souffle, souffle, c’est si bon et c’est si chaud

 

Tu enchantes, tu t’émerveilles, 

Cette journée est la première

Vieille âme préservée dans un esprit d’enfant

Ton coeur bat à Chamade

Rythme léger, pas lent, 

Tu plantes encore des graines d’amour et des pains des coeurs

Mécanicien de l’âme

 

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J’embrasse l’hiver, éclaircie de nuages, cascade du torrent qui caresse ma joie. Joli jeune homme, ouvre ton coeur à ce feu de vie, voici le printemps. Parti vivre sur les chemins de l’existence, j’ai oublié ses tracas. J’ai laissé couler en moi la source et exprime maintenant l’été. J’imprime en mon coeur le granit de ma caverne. Je marche les pas de l’existence avec mes compagnons de chemin. Et je soigne les maux, mots à mots, en entrant avec douceur dans l’ode de l’automne, à l’aube de la mort, formidable flamme. Je m’apaise en terminant ce cycle. 

 

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L’allant entrain, vent d’oiseaux et fouet de tracteur. Je sens la sève parcourir mes entrailles. Eveil du corps, réveil des fibrilles ankylosées dans l’hiver. Au délice de la montée du sucre, j’ajoute l’élan de train. Oublions la folie d’hier, passons à celle d’aujourd’hui. Dis-moi, toi qui me suis, quelles sont mes névroses, mes torsures ? Oublions les soliloques, farinons le soleil à point pour l’enfourner dans l’âtre du printemps. Avec entrain et rayonnance, je veux marcher aujourd’hui. Même si hier ne vient plus, j’embrasse le présent. Je chante, je ris et j’affirme à demain, comment vont-je aujourd’hui ? 

 

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Quelques mots jetés dans le bassin d’argile. Comment le mouvement s’amorce ? Danse, sacré temple de mon corps. J’irradie le chemin, je porte cette intention d’être, de prendre place. Danse, plonge dans la danse, oublie le masque, oublie l’enfant qui a peur, oublie l’adulte en mal d’existence, prends la danse comme partenaire et fais-toi danse. Laisse donc ton corps et ton âme mener la danse de ta vie. Affirme tes pas dans l’infini présent, ancré dans l’acceptation de l’irrésolu, de la finitude et de l’oubli. Tout n’est que maintenant. 

 

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Sentir la vie sous la peau

Le souffle qui s’invite

Et la gravité

Et le corps qui se réveille

qui m’indique de nouveau chemin de mouvement

Chute vers le haut


R.G (27 février 2020)

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